Saison 4 (2023) : Sonder la modernité – votre méditation sonore hebdomadaire de 5-minutes

  • é100 journal d’hiver revisité – hommage à r. murray schafer (introduction 25′ + composition 40′ + crédits 3′)

    journal d'hiver revisité - hommage à r. murray schafer (introduction 25' + composition 40' + crédits 3') est une composition de paysage sonore qui présente des extraits d'un essai non publié que R. Murray Schafer a écrit après un voyage d'enregistrement de 10 jours qu'il a entrepris avec moi dans la campagne manitobaine en février 1997 pour la Westdeutscher Rundfunk Köln (WDR). Je 'revisite' ce voyage avec une combinaison des écrits de Schafer et des nouveaux paysages sonores hivernaux enregistrés en Ontario et au Québec en 2022 et des paysages sonores d'archives. La version anglaise de cette pièce est l'épisode 99 du balado conscient. Le mixage final a été réalisé dans le cadre d'une résidence à New Adventures in Sound Art (NAISA) à South River, Ontario en février 2022. Note: pour entendre la composition seulement, voir é100 (b). 
    
    Note: Un article (en anglais) pour l’Institut de musique au Canada sur cette composition est disponible ici: Winter Diary Revisited
    Grange de la ferme de R. Murray Schafer et Eleanor James, Indian River, Ontario, 19 janvier 2022 (photo par mo)

    Note : le texte ci-dessous est une transcription de la narration de l’épisode. Voir e99 winter diary revisted pour la version anglaise de cet épisode. 

    Bienvenue à l’épisode 100 du balado conscient, le dernier épisode de la saison 3, qui, vous vous en souvenez peut-être, a pour thème l’écoute radicale. 

    (bruit d’une grange en fondu)

    Je vous invite à deviner ce qu’est cet espace. Il y a quelques indices sonores. C’est clairement un espace intérieur et pourtant il y a un vent assez creux avec une texture profonde et riche… Vous pouvez entendre le doux craquement du bois… le claquement occasionnel d’une corde… un écureuil. 

    (son de la grange en fondu)

    Ce paysage sonore a été enregistré le 19 janvier 2022, dans une grange, sur une ferme qui appartenait au compositeur R. Murray Schafer et qui est maintenant la maison de son épouse, la chanteuse Eleanor James. La ferme est située près d’Indian River, en Ontario, à environ 20 km à l’est de Peterborough, qui est le territoire traditionnel du peuple Anishinaabe Mississauga, adjacent au territoire Haudenosaunee et dans le territoire couvert par le Traité Williams. 

    Je me suis rendu à cette ferme pour enregistrer des paysages sonores d’hiver pour cet épisode, Journal d’hiver revisité, une composition de paysages sonores dédiée à la mémoire du compositeur, écrivain, éducateur musical et environnementaliste, R. Murray Schafer. 

    1er étage de la grange de R. Murray Schafer et Elanor James, près d’Indian River, ON, 19 janvier 2022
    Eleanor James, 19 janvier 2022, Indian River, Ontario (photo par moi)

    Lors de ma visite à la ferme, j’ai eu une conversation avec Eleanor James au sujet de Murray et de sa relation avec l’hiver. En voici un extrait. Vous notez que vous trouverez une traduction de tous les échanges en anglais dans les notes de l’épisode.

    Claude : Je suis avec Eleanor James et je viens de passer un peu de temps dans votre grange. Je vous remercie beaucoup. J’ai enregistré un tas de sons, et je suis allé dans la forêt et j’ai capturé des sons de vent et certaines des choses que Murray et moi avons fait quand nous avons fait le Journal d’hiver, qui est de faire cette sorte de cri, pour animer l’espace et obtenir une sensation de celui-ci.

     (bruit de raquettes à neige et d’un lointain « Hey à la ferme »)

    Claude : Il y a tellement de choses dont tu pourrais parler de Murray. Une réflexion sur les paysages sonores, mais aussi sur l’enregistrement et les sons d’hiver ? 

    Eleanor : Il y a deux choses qui me viennent à l’esprit, qui font partie de sa production créative et l’une d’entre elles est Music in the Cold. C’est un charmant petit manifeste réalisé dans un style artistique qui explique qu’il vaut mieux être dans le Nord que dans le Sud et que la musique dans le froid est plus dure et plus austère (rires), il se lance dans une diatribe sur ce genre de choses. C’est vraiment une personnalité nordique. Il faut donc lui pardonner de se lancer dans une diatribe à ce sujet, mais, bien sûr, il s’agit d’une création artistique, donc elle était destinée à être hyperbolique. Je pense que c’est tout à fait charmant. Il a une couverture bleu nuit et le titre Music in the Cold.

    À ce propos, il a écrit un merveilleux quatuor à cordes intitulé Winter Birds, que le quatuor Molinari de Montréal a enregistré, et dans lequel sa propre voix apparaît dans le tout dernier mouvement, où il décrit l’hiver 2005 en regardant les oiseaux se nourrir par la fenêtre de son studio. Nous avions l’habitude de remplir les mangeoires de graines, et toutes sortes de petits oiseaux venaient, voltigeaient et s’en allaient en émettant de petits sons doux. Dans le quatuor à cordes, il décrit tout un événement d’oiseaux, qui volent, vont et viennent et le silence total qui les entoure, non seulement acoustiquement, mais aussi visuellement. Rien que la neige, comme aujourd’hui, avec des amoncellements de neige partout et juste ces petits oiseaux qui émettent de minuscules sons avec leurs ailes.

    Il y a aussi la pièce qu’il a écrite pour le chœur intitulée Snow Forms, qui est en fait assez populaire, et qu’il a écrite sous forme de partition graphique, sur une sorte de papier vert turquoise pâle, et le chœur lit les formes de la neige et, encore une fois, ces formes sont quelque chose qu’il a observé en regardant par la fenêtre de son studio et qu’il a dessiné graphiquement, puis composé de façon à ce que les hauteurs soient associées à ces tons. C’est tout simplement une merveilleuse description de l’hiver et, pour Murray, tout le travail sur les paysages sonores qui l’intéressait tant a alimenté ses capacités artistiques et ses dons de compositeur.

    Note : Pour voir un extrait de Winter Birds interprété par le Molinari Quartet : String Quartet no. 10 – Winter Birds (extrait) / R. Murray Schafer. Pour une interprétation de Snow forms par le Vancouver Chamber Choir : Snowforms.

    De retour à Ottawa, j’ai relu le livre Music in the Cold de Murray, qu’il a écrit en 1977, quand j’avais 17 ans. Il est intéressant de se pencher sur cette œuvre de réflexion et de provocation artistique. J’ai été touché en particulier par les 11 dernières lignes du livre : 

    Les jeunes arbres commencent à germer à nouveau dans la terre humide.

    En dessous, on peut entendre les animaux creuser leurs terriers.

    Bientôt la grive reviendra.

    L’ancienne technologie des déchets a disparu.

    Que reste-t-il alors ?

    Les anciennes vertus : l’harmonie, l’âme universelle, le travail.

    Je vivrai supersensibilisé, les antennes d’une nouvelle race.

    Je vais créer une nouvelle mythologie.

    Cela prendra du temps.

    Cela prendra du temps.

    Il y aura du temps. 

    (fondu enchaîné de l’enregistrement d’Eclogue for an Alpine Meadow)

    Je me souviens qu’en août 1985, le regretté compositeur Robert Rosen, Murray et moi avons produit une série de programmes radiophoniques écologiques qui devaient être présentés à Spray Lake, près de Canmore, en Alberta. Murray était à Banff pour présenter sa pièce de théâtre musical Princess of the Stars. Nous avons chacun écrit un morceau de musique pour cet espace.  Le mien était pour clarinette basse et trombone et s’intitulait « Eclogue for an Alpine Meadow ». Vous pouvez entendre rme à la clarinette basse. Murray a été un mentor pour Robert et moi-même sur ce projet, partageant sa vaste expérience dans l’écriture de musique pour et avec un environnement naturel. 

    Note : Vous pouvez écouter l’intégralité de la pièce sur la page Qui suis-je du site web du balado conscient.

    Robert Rosen, Murray Schafer et moi à Banff en 1985 pendant le projet de programmes radio écologiques (crédit photo 
    Extrait de la première page de « Eclogue pour un pré alpin » pour clarinette basse et trombone
    Moi et le tromboniste (nom non disponible) à Spray Lake, Alberta, enregistrant ‘Eclogue for an Alpine Meadow’ pour clarinette basse et trombone (crédit photo inconnu)

    La musique de Murray, et en particulier ses recherches en écologie sonore, ont eu une profonde influence sur de nombreux compositeurs, éducateurs, chercheurs et artistes sonores du monde entier, dont moi-même. Entre autres choses, Murray m’a appris à écouter profondément, à la fois avec mes oreilles et avec un microphone.

    Moi, Kozo Hiramatsu et R. Murray Schafer à Hör Upp ! Conférence sur l’écologie acoustique à Stockholm, Stockholm, Suède 1998 (crédit photo inconnu)

    Je me souviens d’avoir eu de longues conversations avec Murray sur l’écoute, la radio, l’écologie acoustique, l’enregistrement sur le terrain, la technologie, y compris comment gagner sa vie en tant que compositeur. Voici un court extrait d’une conversation que j’ai eue avec lui en juillet 1990 dans un restaurant de Peterborough. Je m’excuse pour la mauvaise qualité de l’enregistrement, mais je pense que vous apprécierez d’écouter Murray parler de l’art de l’écoute. 

    Vous approfondissez en posant d’autres questions. Était-ce à l’intérieur ? Était-ce à l’extérieur ? Y a-t-il beaucoup de gens rassemblés là ? Est-ce qu’il n’y a personne ? Est-ce au Canada ? Est-ce à l’extérieur du Canada ? Est-ce en Europe ? Vous avez entendu un train. Est-ce un sifflet de train canadien ou un sifflet de train européen ? Tu as entendu une langue. Quelle langue avez-vous entendue ? Tous ces indices que vous avez pu entendre et qui vous aideraient à identifier l’endroit où vous vous trouviez, puis à leur dire ensuite où l’enregistrement a été réalisé, mais en les obligeant à utiliser leurs oreilles. Avez-vous entendu des oiseaux ? Avez-vous entendu des sons qui vous ont aidé à vous localiser ? Je dis simplement que c’est un type d’exercice, et je pense qu’un jour quelqu’un devrait mettre en place un paquet, un paquet éducatif.

    J’ai simplement l’impression qu’il faut constamment revenir à la nature et écouter à nouveau, regarder à nouveau, apprendre à nouveau. C’est aussi simple que cela. Chaque fois que vous vous rapprochez trop de la nature, vous allez probablement avoir des problèmes. Si vous ne savez pas comment venir, revenir en arrière et regarder un papillon, parce que vous êtes tellement envoûté par les lumières stroboscopiques ou autre, je pense que vous avez des problèmes, ce qui ne veut pas dire que vous ne pouvez pas revenir en arrière et le regarder et le réanalyser. Cela changera les choses et ensuite vous retournez dans votre ancien environnement et vous voyez les choses différemment. Dans la nature, ce dont vous êtes conscient, c’est d’un cycle de vie et de mort, et plutôt de l’échange, cette onde presque sinusoïdale de vie et de mort, mais aussi de silence et d’activité, et du fait qu’il y a certains moments où certaines créatures sont éloignées et d’autres où elles parlent, et que vous vous imprégnez du paysage sonore naturel. Il est parfois difficile de trouver ces rythmes dans un paysage sonore urbain moderne où tout le monde émet des sons si agressifs pour attirer l’attention des autres.

    Claude : ils perdent le contact avec l’équilibre de leur vie. 

    Murray est décédé le 14 août 2021, à l’âge de 88 ans, dans sa ferme.

    Maison de R. Murray Schafer et Eleanor James, Indian River, Ontario, 19 janvier 2022
    Studio de R. Murray Schafer, Indian River, Ontario, 19 janvier 2022

    Peu de temps après son décès, j’ai eu l’honneur d’être invité à écrire un article commémoratif sur mon expérience personnelle avec Murray. Cette demande est venue d’Eric Leonardson, président du Forum Mondial pour l’écologie sonore (FMÉS), une organisation que Murray a aidé à fonder en 1993 au Banff Centre et qui continue son bon travail à ce jour. Kirk MacKenzie et Robin Elliott, de l’Université de Toronto, m’ont également demandé d’écrire une pièce commémorative sur Murray pour une série de mémoriaux qu’ils produisent sur Murray et son héritage. 

    J’ai décidé de produire une composition de paysage sonore au lieu d’écrire un article pour cette pièce commémorative. Voici l’histoire.

    En 1996, Murray a reçu une commande du département Akustische Kunst de la radio ouest-allemande, la WDR, en Allemagne, produite par Klaus Schöning, pour enregistrer une émission de radio sur les paysages sonores d’hiver de la campagne manitobaine, intitulée Winter Diary. Murray avait déjà produit de nombreuses pièces radiophoniques pour la CBC et la WDR, mais il avait besoin d’un coup de main pour cette production à grande échelle. Il m’a donc engagé comme enregistreur, monteur et mixeur, mais aussi comme chauffeur et éclaireur. J’avais 37 ans à l’époque et j’étais sur le point de me marier avec la cinéaste Sabrina Mathews et de fonder une famille à Montréal, ce que nous avons fait.  Mais à l’époque, j’avais encore le temps et l’énergie de faire un voyage de 10 jours et de passer des semaines à le monter avec Murray. Nous avons certainement eu beaucoup de plaisir à faire ce voyage ensemble.

    • (séquence de Claude et Murray riant pendant l’enregistrement de « Winter Diary » en 1997)
    Moi dans mon home studio à Montréal dans les années 1990 (crédit photo inconnu)
    Lettre de R. Murray Schafer à moi, 27 septembre 1998

    Journal d’hiver a fini par remporter le prix Karl-Sczuka pour l’art radiophonique en 1998. J’ai été profondément ému par la déclaration du jury qui, à mon avis, saisit l’esprit de la composition de Murray et l’essence de notre collaboration à sa production :

    C’est avec une grande autonomie et imperturbabilité que Schafer dessine le spectre sonore d’un hiver canadien dans son image acoustique. De la séquence calme d’événements sonores concis émerge un paysage acoustique, presque spatial dans sa présence. Jusqu’à l’absence de bruit, jusqu’au silence, tout ce qui est audible est là de manière concrète et non arbitraire. C’est une œuvre qui invite ses auditeurs à une écoute patiente et sans hâte, qui insiste sur la richesse des nuances de la perception acoustique et qui prend position contre le refus du son et l’hyperactivité de la mise en scène.

    Premier paragraphe de l’essai du Journal d’hiver de Schafer, 15 février 1997

    Alors que j’effectuais des recherches pour cet article, j’ai trouvé dans mes archives la première ébauche d’un essai inédit de 13 pages que Murray a écrit, dans sa ferme, le 15 février 1997, à propos de la création du Journal d’hiver. J’étais très excitée. C’est un texte brillant sur nos aventures au Manitoba, mais l’essai comprend également des réflexions sur un certain nombre d’autres sujets : l’écoute, l’histoire de l’art, la philosophie, ses rêves, la littérature et l’utilisation du microphone. J’ai décidé de créer une composition autour de son essai. Une sorte illustration sonore et une interprétation de ses mots. 

    Mais d’abord, laissez-moi vous raconter une petite histoire sur les microphones. Murray avait une relation d’amour et de haine avec le microphone. Voici un autre extrait de cette conversation au restaurant en juillet 1990, où il explique la notion de l’écoute distante, qui est un élément clé de son esthétique :

    Si le microphone remplace votre oreille, il y a quelque chose qui ne va pas. Et comme on le voit dans beaucoup de nos écoutes, le microphone a remplacé l’oreille. Le simple fait que, par exemple, nous exigions la présence de tous les sons enregistrés, et qu’ils soient tous équipés de micros rapprochés, est une reconnaissance du fait que le microphone, qui est un instrument permettant d’obtenir des gros plans, est respecté plus que notre propre expérience auditive. Le fait que nous ne pouvons plus écouter à distance. Maintenant, si vous voulez vraiment vous impliquer dans l’écologie de l’environnement, vous devez redécouvrir comment écouter la distance, parce qu’une grande partie des sons dont vous parlez sont distants.

    Claude (sur le terrain, de loin) : Maintenant, si vous voulez vraiment vous impliquer dans l’écologie de l’environnement, vous devez redécouvrir comment écouter la distance, parce qu’une grande partie des sons dont vous parlez sont distants.

    Je pense que vous comprenez ce que je veux dire. 

    Passage de l’Adawe, rivière Rideau, Ottawa, où j’ai enregistré le passage « distant » ci-dessus.

    Je n’ai utilisé aucun des enregistrements de terrain de notre premier voyage en 1997, en dehors de ces quelques moments de rire. Au lieu de cela, j’ai décidé d’enregistrer tout le nouveau matériel pendant l’hiver 2022, quelque 25 ans plus tard, non pas au Manitoba, mais plutôt autour de mon lieu de résidence en Ontario et au Québec, d’où l’idée de revisiter le Journal d’hiver. Cependant, j’ai utilisé quelques enregistrements de terrain provenant de mes archives, ainsi que quelques extraits de certaines de mes précédentes compositions de paysages sonores. Tous ces éléments sont mentionnés dans le scénario de l’épisode. La plupart des paysages sonores que vous allez entendre sont naturels, mais certains ont été transformés à l’aide d’outils tels que GRM Tools et des « spatialisateurs ».  L’exploration de l’espace liminal entre la réalité et la fantaisie m’intéresse beaucoup. 

    Pendant que j’enregistrais ces paysages sonores hivernaux, je n’arrêtais pas de penser à ce que le jury du prix Karl Szucka a dit à propos de l’intérêt de Murray pour le « caractère silencieux du silence ». J’ai également réfléchie à l’idée d’amener l’auditeur « à une écoute patiente et sans hâte ».

    J’ai essayé d’explorer l’idée d’une écoute patiente et sans hâte, ainsi que la notion d’écoute radicale.


    Moi, le 17 janvier 2022, enregistrant des paysages sonores d’hiver à Ottawa (photo de Sabrina Mathews)

    Avant de commencer, je tiens à vous informer que certains enregistrements sont très silencieux, à la limite de ce que vous pouvez entendre sur des haut-parleurs ou des écouteurs. Ne vous inquiétez donc pas si vous entendez de longs silences ou si vous ne pouvez pas distinguer certains détails, surtout si vous êtes en voiture ou dans un environnement plus bruyant. Vous pouvez réécouter le Journal d’hiver revisité, en haute résolution, sur le site Web du balado conscient

    Je suis extrêmement reconnaissant de l’occasion qui m’est donnée d’honorer la mémoire de R. Murray Schafer et j’espère que vous apprécierez cette illustration sonore de son essai Journal d’hiver.

    *

    Scénario

    Note: Ce scénario a été crée à partir d’extraits de l’essai Journal d’hiver de R. Murray Schafer, première ébauche, 15 février 1997

    (claquement de porte et bruits de pas s’approchant du portail et de la boîte aux lettres de la ferme de Murray à Indian River)

    Porte de la cloture de la propriété de Murray et Eleanor près d’Indian River, 19 janvier 2022 (photo par moi)

    1.   clotures

    Claude Schryer est passé aujourd’hui pour planifier l’émission de radio Journal d’hiver pour la radio ouest-allemande. Après le dîner, nous avons fait le quart de mile jusqu’à la route. 

    (marche vers la porte de cloture)

    Il y avait une poudreuse de neige légère, rendant le paysage lumineux sous les étoiles. J’ai ouvert et fermé le porte de la cloture pendant que Claude l’enregistrait ; puis je suis allé vers la boîte aux lettres en fer blanc et j’ai fait claquer le couvercle – ces deux sons sont caractéristiques de la vie rurale au Canada. 

    (couvercle de la boîte aux lettres et la porte de cloture)

    Le claquement a fait aboyer le chien du voisin. Puis, plus loin, d’autres chiens ont commencé à aboyer. Les chiens étaient les premiers systèmes d’alarme dans les campagnes et le sont toujours malgré la technologie électronique. Il peut y avoir un voleur ou un loup dans la nature. Le message est télégraphié de ferme en ferme et derrière chaque porte sombre, un fermier arme son fusil. Les chiens sont redevenus silencieux alors que nous rentrions à pied. 

    (entrée en fondu enchaîné de la maison vers le feu)

    En entrant dans la maison chaude avec un feu brûlant dans la grille, je me suis soudain rendu compte que nous avions déjà découvert un précieux leitmotiv pour notre programme : le contraste entre des pièces chaudes et peuplées

    (fondu enchaîné avec une forêt de cèdres tranquille)

    et les vastes espaces froids qui les entourent pendant l’hiver canadien.

    (vent de la ferme de Murray)

    2. portes

    La porte de notre chalet à Duhamel, QC Décembre 2021

    Il existe un tableau de Cornelius Krieghoff (1815-1872) intitulé « Merrymaking » qui illustre le drame entre intérieur et extérieur. 

    (ma conjointe Sabrina, mon fils Riel et ma fille Clara sortant de notre maison et marchant dans notre cour)

    Une fête à l’auberge Jolifu se termine et les fêtards se répandent afin de partir dans l’aube froide et neigeuse. Le drame de la scène est dépeint dans le style de Brueghel, mais le contraste entre l’intérieur chaud et l’extérieur froid est typiquement canadien. Le même thème revient chez nos meilleurs romanciers, par exemple dans « Over Prairie Trails » (1922) de Frederick Philip Grove ou dans « As for Me and My House » (1941) de Sinclair Ross. Le contraste entre l’intérieur et l’extérieur crée le drame entre la société et le moi. Marshall McLuhan l’a résumé de façon épigrammatique en disant que les Canadiens sortent pour être seuls et rentrent pour être en compagnie, alors qu’ailleurs les gens sortent pour être en compagnie et rentrent pour être seuls. 

    Femme patineuse (amie de la famille) : Si vous êtes vraiment chanceux d’être dans un chalet en hiver, le matin, il n’y a presque pas de bruit et vous entendez une branche craquer ou quelque chose…

    (Forêt silencieuse avec craquement d’arbres gelés)

    La charnière est la porte. Un son caractéristique de la campagne canadienne est le claquement d’une porte moustiquaire. 

    (Divers claquements de portes de la ferme de Murray et de notre chalet)

    Je le connais depuis mon enfance. Bien sûr, elle est destinée à empêcher les insectes d’entrer dans la maison en été, mais par paresse, la porte moustiquaire est souvent laissée ouverte en hiver aussi – comme la mienne. La porte est munie d’un ressort hélicoïdal qui lui permet de se fermer rapidement. Habituellement, il y a un autre dispositif sur le côté avec un ressort en épingle à cheveux pour la fermer complètement . S’il n’est pas huilé, il grince. L’ensemble de l’événement sonore est en fait assez complexe, il se compose d’abord d’un sifflement lorsque la porte s’ouvre, puis d’un claquement lorsqu’elle se ferme, suivi d’un claquement résiduel lorsque le second ressort est libéré pour la maintenir fermée. 

    (Autres sons de portes)

    Le sujet des portes pourrait occuper une ou deux thèses de doctorat. Chaque continent et chaque climat possède son propre vocabulaire et sa propre rhétorique des portes, aussi différents que les langues des personnes qui les ouvrent et les ferment.

    (Plus de bruits de portes)

    3. trains

    Train à Montréal, e73, paysagesonoressimples 20 mars, 2018

    (sifflet de train L14 traité avec GRM Evolution Tool et Dear VR Pro spatializer)

    Chaque Canadien connaît le sifflet de train canadien à trois tons – sans le savoir. Accordé sur une triade de mi bémol mineur avec une fondamentale à 311 Hertz, c’est la marque sonore la plus autoritaire du pays, curieusement analogue à la cloche jaune ou Huang Chung, qui a établi l’accord de toute la musique aux beaux jours de la Chine ancienne.

    (Cloche de méditation)

    La légende raconte que lorsque l’accord de la cloche jaune était abandonné, l’empire tombait en ruine. 

    (Passage supérieur à partir de simplesoundscapes e167 ci-dessus + passage d’un train avec traitement de la porte)

    C’est ce qui se passe ici, car aujourd’hui de plus en plus de sifflets de train sont désaccordés, et avec la construction de viaducs et de tunnels, les citadins les entendent rarement. 

    (sifflet de train L14 plus traité)

    Les chemins de fer canadiens sont tous orientés est-ouest. Lorsque l’autorité du chemin de fer disparaît, l’axe est-ouest cède la place à un biais sud-nord, c’est-à-dire à l’invasion américaine. 

    Finalement, au loin, nous entendons le sifflet L14 (le signal d’un passage à niveau, long, long, court, long) qui, incidemment, est aussi le rythme de la première phrase de l’hymne national canadien.

    (séquence de sirènes de midi tirées de ma composition de 1996 Vancouver Soundscape Revisited)

    4. sabots

    Cheval ‘Cricket’ à Mono, Ontario (photo de moi)

    (vent de la ferme de Murray) 

    Il fait plus chaud aujourd’hui qu’hier et un brouillard épais recouvre la neige de sorte que l’horizon sonore dépasse l’horizon visuel. Frederick Philip Grove parle de s’être perdu dans le brouillard dans Over Prairie Trails. Il a alors dû se fier à l’instinct de ses chevaux.

    (bruit de sabots de chevaux de Cricket à Mono, Ontario)

    Note : ci-dessous est une citation du livre Over Prairie Trails de Frederick Philip Grove, Toronto, 1991, p.47.

    ‘J’étais devenu tout ouïe. Même si mon buggy était silencieux et que la route était recouverte d’une fine pellicule de boue argileuse. Je pouvais entendre distinctement, par le bruit sourd des sabots des chevaux sur le sol, qu’ils roulaient sur une pente.

    (Coq et bruits de ferme et retour aux sons bruits de sabots)

    Cela a confirmé mon orientation… J’étais maintenant proche du groupe de trois fermes. J’ai de nouveau écouté attentivement le bruit des chevaux. Oui, il y avait de nouveau ce bruit sourd de sabots. J’étais sur la dernière pente qui menait à la route de pêche à la ligne à travers le coin du marais. ‘ 

    5. microphone

    Zoom H4N Pro enregistrant les sons du vent à la ferme de R. Murray Schafer, le 19 janvier 2022 (photo par moi)

    (vent provenant du champ de Murray)

    Que seraient les Prairies sans le vent ? 

    (Vent de la grange de Murray mélangé à des sons de forêt à South River, Ontario)

    C’est le son principal ici, celui par rapport auquel tout le reste est enregistré. Mais pour l’enregistrer ? C’est impossible. Le microphone n’a pas encore été inventé pour enregistrer efficacement les sons les plus élémentaires de la nature : le vent, la pluie, le feu.

    (son du tonnerre et de la pluie provenant de simplesoundscapes e105 thunder, feu provenant de la cheminée de notre chalet)

    L’erreur dans l’enregistrement de l’environnement est d’essayer de rassembler un énorme éventail d’événements, lointains et proches dans toutes les directions, en un seul point.  Le paysage sonore n’est pas stéréophonique, il est sphérique. La préoccupation stéréophonique dans l’enregistrement résulte de la stéréoscopie plutôt que d’une réelle compréhension de l’expérience d’écoute, dans laquelle on est toujours au centre.

    (système de ventilation panoramique du microphone)

    On aimerait que le microphone observe le même respect du sol figuré que nos oreilles, en élevant les sons que nous souhaitons recevoir et en supprimant ceux que nous ne souhaitons pas.  Mais bien sûr, le microphone n’est pas une oreille, et tout est enregistré uniquement en fonction de son amplitude.  Pourrait-on imaginer un microphone du futur doté d’un circuit de discrimination qui nous permettrait de reproduire le paysage sonore souhaité plutôt que le réel ? Ou s’agit-il simplement d’une autre forme de sophisme pathétique que seul l’enregistreur romantique pourrait espérer ? 

    Claude (à partir de boulettes de neige sur des feuilles séchées dans le parc provincial de Misikew) : ‘et voici un exemple de son si délicat que le microphone le capte mieux que l’oreille humaine.’

    La valeur du microphone est qu’il présente simplement ce qui est là. Le magnétophone met un cadre autour de ce qui est là, et nous étonne souvent avec les événements sonores que nos oreilles réelles ont manqués.

    6. pas

    Traces de pas à Warbler’s Roost, South River, ON

    Claude confesse son excitation pour l’enregistrement. Il est presque comme un pilote de chasse à la recherche de l’ennemi, de l’objet sonore insaisissable. Il effectue ses différents plongeons sur le matériau que nous avons ciblé pour une prise, en espérant que l’événement souhaité se produira au bon moment, en se demandant s’il faut le traquer silencieusement ou l’inciter – ou l’oublier et chercher une autre campagne. « Tant de choses peuvent mal tourner », dit-il avec enthousiasme. Je suis d’accord avec lui.

    Claude (séquence de ski de fond, décembre 2021) : ‘Lorsque Murray et moi avons enregistré Journal d’hiver en 1997, nous avons enregistré beaucoup de sons d’hiver différents, mais pas le ski de fond. C’est un son typique de l’hiver au Canada, et un son très riche. Vous pouvez m’entendre skier maintenant, ainsi que les gens qui skient à côté de moi. Les sons du ski comportent plusieurs éléments différents : il y a la poussée et la traction du ski, les bâtons qui frappent dans la neige et, bien sûr, le souffle du skieur. Parfois, on peut entendre le vent dans les arbres, les motoneiges au loin, les chiens…’

    Les personnes qui vivent au bord de la mer savent comment la couleur de l’eau change constamment, mais il faut vivre avec un long hiver pour connaître les changements perpétuels du son (ainsi que de la couleur) de la neige. 

    (divers bruits de pieds et de neige)

    Même le laps de temps d’une heure peut la modifier profondément, et l’auditeur expérimenté peut déterminer la température par le son de ses pas.  Pendant les nuits froides, elle grince. Parfois, une croûte s’accumule et produit une qualité croustillante. Ou même plusieurs croûtes, séparées par des couches de neige poudreuse, donnant des variations de dissonance à chaque pas. 

    (pas dans la neige croustillante)

    7. voitures

    Eagle Road, South River, ON, janvier 2022.

    Nous prenons toujours les sons les plus ordinaires pour acquis. En supposant que les voitures sont universelles, nous oublions qu’elles ont un son différent selon l’environnement. 

    (autobus bloqué sur une colline et voitures passant à Ottawa)

    Sur une route de campagne, nous avons enregistré l’approche et le départ de voitures et de camions individuels, parfois pendant trois minutes sans autre son. 

    (Passage d’un camion près de South River, On)

    Où d’autre sur terre pourriez-vous faire cela ?

    8. appels

    Forêt où j’ai enregistré des sons d’appel, janvier 2022, parc de la Gatineau, Québec.

    Claude (Parc de la Gatineau, Québec) : ‘Quand R. Murray Schafer et moi avons fait Winter Diary, une des séquences s’appelait appel. Nous étions dans la forêt et écoutions la réverbération dans un espace hivernal et dans ce cas, c’était une forêt et me voici le 11 janvier 2022 dans le parc de la Gatineau. Je vais tenter une expérience similaire en marchant en cercle en m’éloignant du micro et voir ce que ça donne et de temps en temps, je vais crier comme on le faisait à l’époque : Hey, et vous pouvez entendre la réverbération et le mouvement, et c’est une façon de faire l’expérience d’un paysage sonore hivernal en interagissant avec lui. Donc, nous y voilà.’

    Excursion dans le parc. Isolation totale. Nous avons réalisé que la seule façon de donner une impression de paysage sonore ici était de produire des sons nous-mêmes, donc nous avons installé le microphone dans la neige et nous nous sommes éloignés de lui, en appelant dans différentes directions. Quelle distance y a-t-il de l’autre côté de la vallée ? Quelle est la différence entre une forêt de feuillus nue et une forêt de conifères touffue ? Votre voix vous le dira. 

    (Séquence dans une forêt à Gatineau QC, janvier 2022)

    9. fissures

    Foret ou j’ai enregistré ‘fissures’ a la ferme de R. Murray Schafer, 19 janvier 2022

    (grondement d’une voiture sur une route d’hiver, arrêt et sortie du véhicule, puis silence)

    Je suis sorti seul de la voiture après que Claude se soit endormi. Jamais je n’avais entendu le monde aussi silencieux. Est-il proche ou lointain, ce paysage noir ? 

    (fissures de la forêt à la ferme Murray)

    Le moindre de mes mouvements le fait paraître proche. Le craquement givré d’un arbre lointain le rend vaste. Ma respiration le rapproche à nouveau.  Justin Winkler a fait remarquer que le paysage sonore est essentiellement un terme statique, mais ici il semble dynamique, augmentant jusqu’à un volume infini, puis se rétrécissant à l’intérieur de moi, alors que mon estomac grogne. 

    (simplesoundscapes e01, rumble and Guérison from Au dernier vivant les biens (1998))

    Je tourne la clé de contact et je suis à la fois surpris et soulagé. Ma fuite.

    10. chauffage

    Foyer au gaz dans notre maison à Ottawa, janvier 2022

    (démarrage d’un foyer à gas + chanson basée sur la texture des « pings » de la cheminée)

    Phénomène étrange ce matin au réveil. Dans mon rêve, j’avais chanté une chanson en solo lors d’une sorte de rassemblement. J’ai terminé et tout le monde a applaudi avec enthousiasme.

    (Son d’une petite foule qui applaudit et dit « belle chanson Murray »)

    Je me suis réveillé en entendant le chauffage au propane s’allumer. Ainsi, la fin de ma chanson et le chauffage étaient synchronisés, mais je souligne que j’avais chanté une chanson assez longue jusqu’à sa conclusion avant les applaudissements du chauffage. Je me suis même souvenu de la chanson et je me la suis rechantée en étant allongé dans mon lit.

    (Chauffage au gaz et chant)

    Avais-je anticipé la fin de la chanson et l’avais-je rythmée sur un son que je pouvais en quelque sorte entendre ? Ou bien l’événement s’est-il produit en une fraction de seconde, au moment où le chauffage s’est allumé ? 

    11. glace

    Un morceau de glace chez moi à Ottawa, le 23 janvier 2022.

    En apercevant des enfants en train de faire tomber des glaçons à Sainte Rose du Lac, nous nous sommes précipités pour les enregistrer mais nous les avons fait fuir. 

    (bruits de coups de pied dans des blocs de glace et de patinage)

    Nous avons donc fait tomber les glaçons nous-mêmes, puis nous les avons poussés dans la rue. 

    (plus de bruits de coups de pied dans des blocs de glace et de patinage)

    Chaque morceau avait une hauteur différente et lorsqu’ils se brisaient en morceaux, la hauteur augmentait. J’étais content d’avoir cette autre forme d’eau gelée à ajouter à notre répertoire.

    12. avion

    Emplacement à la ferme de Murray où j’ai enregistré un jet qui passait, le 19 janvier 2022.

    Le soleil se couchait. C’était totalement calme. 

    (début du son du passage d’un jet)

    Finalement, le murmure d’un avion à réaction est devenu audible. Il a traversé le ciel à distance, son passage a duré huit minutes sans qu’aucun autre son ne vienne l’interrompre. Un événement sonore parfait dans un environnement anesthésié. 

    (fin du son du passage de l’avion à réaction et fondu au doux bruit de la forêt)

    Claude : Je voudrais conclure le Journal d’hiver revisité avec un extrait du livre Music in the Cold, publié par Murray en 1977. Voici les 11 dernières lignes :

    Les jeunes arbres commencent à germer à nouveau dans la terre humide.

    Sous la terre, on peut entendre les animaux creuser leurs terriers.

    Bientôt la grive reviendra.

    L’ancienne technologie des déchets a disparu.

    Que reste-t-il alors ?

    Les anciennes vertus : l’harmonie, l’âme universelle, le travail.

    Je vivrai supersensibilisé, les antennes d’une nouvelle race.

    Je vais créer une nouvelle mythologie.

    Cela prendra du temps.

    Cela prendra du temps.

    Il y aura du temps. 

    Crédits

    (‘Eclogue for an Alpine Meadow’ en arrière-plan)

    Je veux remercier de nombreuses personnes. L’essai de Murray est raconté par mon beau-père, le poète, militant politique et éducateur Robin Mathews.  En passant, je vous invite à écouter un épisode sur son travail : e88 robin mathews – on radical listening & political poetry.

    Le poète Robin Mathews et moi enregistrant la narration de Winter Diary Essay, novembre 2021, Vancouver (photo de Sabrina Mathews)

    Je tiens à remercier Robin pour son habile narration, le compositeur Christian Calon pour ses conseils techniques et son soutien moral, le directeur artistique Darren Copeland et la directrice générale Nadene Thériault-Copeland de New Adventures in Sound Art (NAISA) pour leurs encouragements et pour m’avoir accueilli en tant qu’artiste en résidence du 1er au 6 février 2022 dans leurs locaux à South River, en Ontario. Merci également à Eleanor James pour la permission d’utiliser l’essai de Murray, pour les photos de la ferme et pour notre conversation et enfin ma conjointe Sabrina Mathews pour ses commentaires, sa patience et son soutien.

    Logo NAISA
    Logo du festival Deep Wireless
    Ma chambre et mon studio a Warbler’s Roost, South River, ON
    Espace de présentation de NAISA North Media Arts and Café à South River, ON
    Eagle Road, où j’ai enregistré un camion qui passait, South River, ON
    Darren Copeland installant le microphone Ambisonic pour moi
    Moi enregistrant des sons de la forêt, 2 février 2022, Parc provincial Mikisew, ON
    Me, Victoria Fenner et  James  Bailey Durant la période Q & R, 6 février 2022, NAISA North

    Journal d’hiver revisité a été présenté pour la première fois au Deep Wireless Festival of Radio and Transmission Art le samedi 5 février 2022, à 19 h. 

    The English version of this episode, Winter Diary Revisited, can be found in episode 99 of the conscient podcast.

    Episode question / Question de l’épisode

    ‘Que seraient les Prairies sans le vent ? C’est le son principal ici, celui par rapport auquel tout le reste est enregistré. Mais pour l’enregistrer ? Impossible.’ * journal d’hiver revisité – hommage à r. murray schafer (introduction 25′ + composition 40′ + crédits 3′) est une composition de paysage sonore qui présente des extraits d’un essai non publié que R. Murray Schafer a écrit après un voyage d’enregistrement de 10 jours qu’il a entrepris avec moi dans la campagne manitobaine en février 1997 pour la Westdeutscher Rundfunk Köln (WDR). Je ‘revisite’ ce voyage avec une combinaison des écrits de Schafer et des nouveaux paysages sonores hivernaux enregistrés en Ontario et au Québec en 2022 et des paysages sonores d’archives. La version anglaise de cette pièce est l’épisode 99 du balado conscient. Le mixage final a été réalisé dans le cadre d’une résidence à New Adventures in Sound Art (NAISA) à South River, Ontario en février 2022.

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