é20 réalité

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é20 réalité
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Note: illustration par Karla Claudio-Betancourt

(scénario de l’épisode)

[grenouilles 2017 05 22, Preston River, QC]

Bienvenue au balado conscient. Mon nom est Claude Schryer. 

La saison 1 avait comme objectif d’explorer comment les arts contribuent à la conscientisation et à l’action environnementales. 

J’ai produit 3 épisodes en français, 15 en anglais. Vous pouvez les entendre sur conscient.ca

La saison 2 porte sur la manière d’accepter la réalité, comment surmonter le deuil écologique et comment de tracer pour soi, et pour les autres, une voie pour l’avenir.

Aujourd’hui, vous allez entendre le premier épisode, intitulé « réalité ». Cet épisode aborde notre perception de la réalité, la possibilité de l’extinction de l’espèce humaine, l’anxiété et le deuil écologiques, l’espoir, les arts, les contes et la sagesse des cultures autochtones. 

Cet épisode est un mixage de citations de 28 autrices et auteurs avec des enregistrements de paysages sonores provenant de ma collection paysagesonoresimples et de ma composition de paysage sonore, Au dernier vivant les biens.

Cette superposition poétique d’idées et de sons est ma façon de donner un peu plus de sens à la vie et au monde qui m’entoure.

Une transcription complète de cet épisode, y compris des liens vers la source de chaque citation et de chaque enregistrement de paysage sonore, se trouve dans les notes de l’épisode. 

Le reste de la saison 2 comprendra des entretiens avec des leaders d’opinion, en anglais ou en français, sur leurs réactions à l’épisode sur la réalité. Je vous invite à demeurer à l’écoute. 

Please note that this program is also available in English, episode 19 reality. 

[e11 Arrival (Arrivée) 2017 09 19, Dash-8, Aéroport d’Ottawa, ON]

*

Journaliste Jack MilesIf a tree falls in a forest, and no one is around to hear it, does it make a sound? (Si un arbre tombe dans une forêt et que personne n’est là pour l’entendre, est-ce ’que cela crée un bruit?)

  • La réalité, telle que définie par le dictionnaire Oxford, est « ’l’état des choses telles qu’elles existent réellement, par opposition à une idée idéaliste ou notionnelle de celles-ci’ ». Au lieu d’être la méthode par laquelle nous observons une chose, la réalité est la nature ou la vérité de cette chose.  

[e55 crôute, 2018 01 28, Duhamel QC]

Définition de la réalité dans le bouddhisme, Wikipédia

  • Le bouddhisme cherche à remédier à toute disparité entre la vision de la réalité d’une personne et l’état réel des choses.

[e97 raven (corbeau) 2018 07 24 Ile Saturna, CB]

Écrivain Sherri Mitchell Sacred Instructions: Indigenous Wisdom for Living Spirit-Based Change (Instructions sacrées : sagesse autochtone pour un changement vivant basé sur l’esprit)

  • Nous devons être à l’écoute de notre capacité à voir au-delà de la réalité physique qui nous entoure et à nous éveiller au vaste monde invisible qui existe. 

[e169 chorus 2018 05 26 Duhamel, QC]

Le théoricien de la culture Thomas Berry The Dream of the Earth (Le rêve de la terre)

  • Notre défi est de créer un nouveau langage, voire un nouveau sens de ce que c’est que d’être humain. Il s’agit de transcender non seulement les limites nationales, mais l’isolement même de notre espèce, pour accéder à la plus vaste communauté des espèces vivantes. Cela donne un sens complètement nouveau à la réalité et à la valeur.

L’historien Paul Krause (également connu sous le nom de Hesiod), Francis Bacon’s Philosophy of Scientific Conquest  (La philosophie de la conquête scientifique de Francis Bacon)

  • Pour Francis Bacon, l’homme est supérieur à la nature. Mais l’homme est aussi aliéné à la nature. La nature est dure et impitoyable, et il faut la conquérir. Plutôt que de voir l’homme comme faisant partie de la toile de la nature, Bacon perçoit l’homme comme existant dans un empire naturel.

[scie mécanique, 2016 12 04, Duhamel QC] 

[chute de glace, 1990 North Bay, ON]

Professeur de sciences politiques, Thomas Homer-DixonCommanding Hope  (Revendiquer l’espoir)

  • Les crises mondiales actuelles ont toutes des sources communes : des convictions et des valeurs qui sont trop égocentriques, des systèmes politiques qui sont trop confinés, des économies trop rapaces et des technologies trop sales pour une petite planète surpeuplée, aux ressources en diminution et aux systèmes naturels en voie d’effritement.

[chants d’oiseaux, 2020 03 14, Biosphère2, AZ]

Militante Naomi Klein This Changes Everything: Capitalism vs. The Climate (Ceci change tout : le capitalisme contre le climat)

  • Ce dont le climat a besoin pour éviter l’effondrement, c’est une réduction de l’utilisation des ressources par l’humanité et ce que notre modèle économique exige pour éviter son propre ’effondrement, c’est une expansion illimitée. Un seul de ces ensembles de règles peut être modifié et ce ne sont pas les lois de la nature. 

Professeur de philosophie Todd DufresneFor the Love of Wisdom: Climate Change and the Revenge of History (Pour l’amour de la sagesse : les changements climatiques et la revanche de l’histoire)

  • Nous sommes tous « terrorisés par la réalité ». Pour attirer l’attention de certaines personnes, il faut un ’incendie, un glissement de terrain ou un ’ouragan. Je crains en fait que pour attirer l’attention, il faille une mort et une extinction de masse.
  • Ceux qui survivent à de telles expériences auront une appréciation renouvelée de la nature, du monde extérieur et de la nécessité du collectivisme face à une extinction massive. Il y a de l’espoir dans tout cela – même si je l’admets – l’espoir est enrobé de laideur.

[2 appel, Au dernier vivant les biens, 1996 Montréal QC]

Professeur d’humanités environnementales Jennifer AtkinsonFacing It (Affronter la réalité)

  • L’écoanxiété et le deuil climatique sont parfois présentés comme des « troubles pathologiques », mais en fait, ce sont des sentiments qui découlent généralement d’une perception juste de la crise écologique actuelle. Il est peut-être plus approprié d’identifier l’écoanxiété comme une « émotion éthique » – un signe de compassion, d’attachement à la vie et de désir de justice. 
  • Notre avenir n’est pas écrit et, en embrassant l’inconnu, nous sommes mieux à même de recadrer notre pensée de manière à la rendre plus autonome. 

L’écrivain Rebecca SolnitHope is a​n embrace of the unknown​: Rebecca Solnit on living in dark times (L’espoir est une étreinte de l’inconnu : Rebecca Solnit sur la vie dans les temps sombres)

  • L’espoir se situe dans les prémisses de la totale incertitude de ce qui va se passer et que, dans l’immensité de cette ’incertitude, il est possible d’agir. 

[33 nuage, Au dernier vivant les biens, 1996 Montréal QC]

Enseignante de Dharma Catherine IngramFacing Extinction (Confronter l’extinction)

  • L’amour, que reste-t-il à faire maintenant?  Nous voici parmi les derniers humains qui vont faire l’expérience de cette belle planète depuis que l’Homo sapiens a entrepris son voyage il y a environ 200 000 ans. Aujourd’hui, face à l’extinction de notre espèce, vous vous demandez peut-être s’il est utile de continuer. 

Journaliste Dahl JamailThe End of Ice : Bearing Witness and Finding Meaning in the Path of Climate Disruption (La fin de l’ère de glace : témoins et porteurs du sens du phénomène de changement climatique)

  • J’ai le cœur brisé par ce que nous avons fait et faisons endurer à notre planète. Je suis triste, mais ce processus en cours ressemble plus à un patient pelage d’oignon : il y a toujours plus de travail à faire, car la crise que nous nous sommes crééscontinue de se dérouler. Et, à un moment donné, j’ai renoncé à mon attachement à tout résultat qui pourrait découler de mon travail. Je suis un sans-espoir.

Journaliste Richard HeinbergThe Big Picture (Vue d’ensemble)

  • L’espoir n’est pas seulement l’attente de temps meilleurs; c’est une attitude active, une détermination à obtenir le meilleur résultat possible, quels que soient les défis auxquels on est confronté.

[protestation, 2017 01 21 Ottawa, ON]

Militante Greta ThunbergMessage to world leaders at #DavosAgenda  (Message aux dirigeants du monde à #DavosAgenda) 

  • Pour moi, l’espoir, c’est le sentiment qui me permet de continuer, même si toutes les chances sont contre nous. Pour moi, l’espoir vient de l’action et pas seulement des mots. Pour moi, l’espoir, c’est le fait de dire les choses telles qu’elles sont.

[8 capital, Au dernier vivant les biens, 1990 Montréal QC]

Professeur de droit Shalanda BakerRevolutionary Power: An Activist’s Guide to the Energy Transition  Revolutionary Power: An Activist’s Guide to the Energy Transition

(Pouvoir révolutionnaire : guide des militants pour une transition énergétique)

  • Allons-nous revoir la conception des systèmes pour reproduire les structures actuelles de pouvoir et de contrôle, ou allons-nous réimaginer nos systèmes au profit de ceux qui sont si souvent laissés de côté dans les discussions sur la conception de ces systèmes? 

[49 temps, Au dernier vivant les biens, 1998 Montréal QC]

Écrivain Britt Wray Climate tipping points: the ones we actually want  (Les points de basculement climatiques : ceux que nous voulons vraiment)

  • Lorsqu’un petit changement dans un système complexe produit un énorme changement, la nouvelle voie qui s’ouvre est renforcée en boucle par une rétroaction positive, qui intègre tout ce changement. C’est pourquoi les points de basculement sont irréversibles. Vous ne pouvez pas revenir à l’endroit où vous étiez avant. Un point de basculement qui provoque un reversement non linéaire pourrait être la chose qui nous fait entrer dans un système, mais il pourrait aussi être la chose qui nous permet de guérir nos systèmes brisés et de mieux nous soutenir.

[7 brassage, Au dernier vivant les biens, 1996 Manitoba]

Professeur de politique publique Eric BeinhockerI Am a Carbon Abolitionist (Je suis un abolitionniste du carbone)

  • L’humanité est dans une course entre deux points de bascule. Le premier est celui où les écosystèmes de la Terre et la vie qu’ils contiennent basculent dans un effondrement irréversible dû aux changements climatiques. Le second est lorsque la lutte pour l’action climatique passe d’un statut de préoccupation politique parmi tant d’autres à celui de mouvement social de masse. La question existentielle est la suivante : quel point de bascule atteindrons-nous en premier?

[41 profondeur, Au dernier vivant les biens, 1980s Brise-glace, Nunavut]

Enseignant de zen David LoyEcodharma: Buddhist Teachings for the Ecological Crisis, (Ecodharma : Enseignements bouddhistes pour la crise écologique)

  • La solution bouddhiste à cette situation est de ne pas se débarrasser du soi, car il n’y a rien de tel à éliminer. Le sens du soi doit être déconstruit (« oublié » dans la méditation) et reconstruit (en remplaçant les « trois poisons » que sont la cupidité, la mauvaise volonté et l’illusion par la générosité, l’amour bienveillant et la sagesse qui reconnaît notre interdépendance). 
  • Tout comme il n’y a pas de soi dont on peut se débarrasser, nous ne pouvons pas « retourner à la nature », parce que nous n’avons jamais été séparés d’elle. Nous pouvons toutefois réaliser notre non-dualité avec elle et commencer à vivre en harmonie avec cette réalisation. 

[43 réveil, Au dernier vivant les biens, années cloche d’église, Europe]

Acteur Dominic ChampagneLe fond de ma pensée

  • Sachant que je vais léguer à mes trois fils un monde en pire état que celui dont j’ai hérité́ de mes parents, sachant que nous sommes les contemporains d’un monde où nos actions sont en train de compromettre l’avenir de la vie sur Terre et sachant que la situation risque de s’aggraver, qu’est-ce que je fais de ma vie? Comment continuer à faire des spectacles et à faire tourner des ballons sur mon nez, comme si de rien n’était?

Journaliste Julia Rosen, artiste, An artist set out to paint climate change. She ended up on a journey through grief  (Une artiste a entrepris de peindre les changements climatiques. Elle a plutôt emprunté un processus de deuil.)

  • La société a tendance à considérer les changements climatiques comme une problématique scientifique, plutôt que comme un défi culturel et politique qui exige de notre part toute notre humanité. Bref, ce genre de défis qui sont plus souvent explorés et abordés par les ’arts. 

Compositeur R. Murray SchaferAu dernier vivant les biens, 27 guerre

  • Regardez la guerre. Des gens qui veulent utiliser le bruit comme une sorte d’arme. Pour les effrayer. Pour leur faire peur. Pour les battre. Pour les pulvériser. Si vous voulez détruire les gens. Un des premiers recours que vous avez est de faire du bruit.

L’artiste David HaleyGoing beyond Earthly (Aller au-delà du terrestre)

  • Nous avons maintenant besoin de l’esthétique pour nous sensibiliser à d’autres modes de vie et nous avons besoin des ‘artistes pour nous sensibiliser à la forme des choses à venir.

[29 liquide, Au dernier vivant les biens, 1998 Montréal QC] 

Artiste Diego GalafassiHow the arts might help us grapple with climate change (Comment les arts peuvent-ils nous aider à lutter contre les changements climatiques)

  • L’art est un espace où nous pouvons poser des questions très difficiles et explorer les choses de manière ouverte sans s’engager à trouver des solutions. 

Artiste Lance GharaviIn a climate crisis, artists have a duty to speak up – but what should they say? (Dans une crise climatique, les artistes ont le devoir de s’exprimer, mais que doivent-ils dire au juste?)

  • Si les œuvres d’art, « toutes géniales soient-elles individuellement », peuvent avoir de la valeur, elles ne font pas le poids. Ce dont nous avons besoin, c’est que tout l’art traite des changements climatiques.

[Marche sonore 1, Grenouilles, 1992 Montréal QC]  

Compositeur Robert NormandeauMarche sonore 1

  • C’est un peu comme prendre une grenouille, un animal à sang froid, et ’la mettre à bouillir lentement dans un bocal d’eau’’. Sans s’en rendre compte, la grenouille va s’habituer, à la température, toujours plus chaude, qui monte et qui monte jusqu’à ce qu’elle meure. Sur le plan sonore, notre civilisation ressemble un peu à cela. On s’est habitué, on s’est habitué, on s’est habitué et, à un moment donné, nos tympans vont éclater. 

L’historien Yuval HarariWhy Did Humans Become The Most Successful Species On Earth? (Pourquoi l’homme est-il devenu l’espèce la plus prospère sur terre?)

  • Si vous pensez à une religion, un système économique, un système politique, à la base vous trouverez une histoire fictive sur Dieu, sur l’argent, sur les droits de l’homme, sur une nation. Toutes ces choses sont des histoires fictives. Elles ne sont pas une réalité biologique, mais ’une fiction très puissante, convaincante et bénigne qui nous aide à organiser nos systèmes politiques et juridiques dans le monde moderne.

L’écrivain Charles EisensteinTo Reason with a Madman (Faire entendre raison à un fou)

  • ’Les exposés génèrent de la résistance, mais les histoires touchent un endroit plus profond de l’âme. Elles coulent comme de l’eau sur nos es défenses intellectuelles et adoucissent le sol afin que les visions et les idéaux en dromance puissent prendre racine. 

Écrivain Richard WagameseEmbers: One Ojibway’s Meditations (Embers : Les méditations d’un Ojibwé)

  • D’utiliser la respiration pour modeler l’air en des sons qui deviennent alors un langage qui soulève et transporte ceux qui l’entendent, qui les emmène au-delà de ce qu’ils pensent, connaissent et ressentent et qui leur donne le pouvoir de penser, de ressentir et de mieux comprendre. Nous sommes vraiment des conteurs. C’est ce que nous faisons. C’est notre pouvoir en tant qu’êtres humains.

[foyer au bois, 2021 01 26, Duhamel QC]  

Compositeur Claude Schryer, histoire de sa participation au colloque Comment la culture contribue-t-elle à un avenir durable ?

  • Voici une histoire. Il était une fois… je crois que c’était à l’automne 2019, j’étais à une réunion sur la façon dont le secteur artistique et culturel, et en particulier la communauté des savoirs traditionnels autochtones, pourrait jouer un rôle beaucoup plus important dans la lutte contre les changements climatiques. J’ai eu beaucoup de chance d’être là. J’étais très enthousiaste à l’idée d’en savoir plus. Nous étions donc assis autour d’une table, pas tout à fait un cercle, mais assez près les uns des autres. Chacun a partagé ses connaissances et quelques histoires. J’ai parlé de la façon dont l’institution pour laquelle je travaillais essayait de devenir plus verte et de joindre le geste à la parole sur les questions environnementales. D’autres ont parlé de questions comme le patrimoine bâti, la culture immatérielle et ce genre de choses. Ensuite, le représentant d’une organisation culturelle autochtone m’a coupé le souffle en déclarant qu’il faudrait « probablement autant de temps pour résoudre la crise écologique que pour la créer ». J’ai alors repensé à cette phrase : il faut autant de temps pour résoudre la crise écologique ’que cela en a pris pour la créer. Comment est-ce possible ? Et puis j’ai dit : « mais, mais nous n’avons pas ce temps ». Ou alors, en avons-nous? Nous nous sommes tous regardés en silence. Je n’oublierai jamais ce moment.

[e105 thunder, 2018 08 04, Duhamel QC]

Activiste Sheila Watt-CloutierOur survival utterly depends on living in nature, not apart from it  (Notre survie dépend entièrement de la vie dans la nature, et non en dehors d’elle)

  • Il est important de reconnaître à quel point l’environnement, la santé, l’économie, la culture et les droits sont étroitement liés dans notre société. La Terre est une entité vivante, qui respire, tout comme notre corps. Notre survie dépend entièrement de la vie dans la nature, et non pas en dehors de celle-ci. 

Ecrivain Robin Wall KimmererBraiding Sweetgrass: Indigenous Wisdom, Scientific Knowledge and the Teachings of Plants (Tresser du foin d’odeur : sagesse autochtone, connaissances scientifiques et enseignement des plantes)

  • La terre est le véritable maître. Tout ce dont nous avons besoin en tant qu’étudiants, c’est d’être attentifs.

[grenouilles 2017 05 22, Preston River, QC]

Enseignante de Dharma, Catherine IngramFacing Extinction (Faire face à l’extinction) 

  • Bien que nous ayons causé tant de destructions, nous devons également considérer le vaste éventail de possibilités qui composent une vie humaine. Bien entendu, à une extrémité de cet éventail se trouvent la cupidité, la cruauté et l’ignorance, mais, à l’autre extrémité, se trouvent aussi la bonté, la compassion et la sagesse. Nous sommes animés d’une grande créativité, d’une communication brillante, d’une appréciation de la musique et des arts et d’un talent extraordinaire pour la musique et les autres formes d’art.
  • Aucune autre créature vivante n’a une conscience aussi vaste et variée que la nôtre.

*

Je suis d’accord avec Catherine pour dire que nous, les humains, sommes des êtres conscients, avec une capacité illimitée pour, oui, la cupidité, la cruauté, l’ignorance et l’égoïsme. Mais je suis convaincu que nous avons la même capacité pour la bonté, la compassion, la sagesse, la créativité et l’imagination.

Ma propre compréhension et ma propre perception de la réalité ont été transformées depuis que j’ai commencé à écrire cet épisode. 

La déclaration de Yuval Harari sur le fait que « les histoires fictives ne sont pas une réalité biologique » m’a secoué et m’a réveillé.

De plus en plus, je vois et, surtout, je ressens maintenant dans mes os « l’état des choses telles qu’elles existent réellement », sans filtres sociaux ou histoires sur des activités non durables pour me bloquer le chemin vers cette compréhension ressentie. 

Alors, où allons-nous à partir de là ? 

Eric Beinhocker nous a rappelé plus tôt dans l’émission que l’humanité est dans une course entre deux points de bascule : un ’effondrement irréversible ou un mouvement social de masse.  

Mon cœur, bien sûr, est avec le mouvement social de masse. Il y a des signes de sa croissance, cependant, mon esprit rationnel, informé par la science, voit plutôt l’effondrement irréversible comme le résultat le plus probable. Cet effondrement a déjà commencé, et nous devons donc faire tous les efforts pour ralentir l’effondrement, pour le bien des générations futures, en attendant qu’un mouvement social de masse se manifeste.

Personnellement, mon espoir est que nous trouverons un moyen d’accepter la réalité, de nous frayer un chemin dans ce deuil écologique et de tracer une voie pour l’avenir. 

Mon rêve, comme le suggère l’enseignant de zen David Loy, est qu’un jour, nous puissions « réaliser notre non-dualité avec la nature et commencer à vivre en accord avec cette réalisation ».

*

Vous venez d’entendre réalité, le premier épisode de la 2e saison du balado conscient. Mon nom est Claude Schryer. 

Je tiens à remercier chaleureusement les 28 personnes que j’ai citées dans cette émission. Veuillez noter que certaines de leurs citations ont été légèrement abrégées par souci de concision et de clarté. 

Je tiens également à remercier tous ceux qui m’ont aidé à produire cet épisode, en particulier mon épouse Sabrina Mathews et la consultante en production de podcast Ayesha Barmania. 

Veuillez garder à l’esprit que ce balado est un travail continu et que je suis conscient que mon travail comporte, entre autres choses, des moments d’incohérence, de contradiction, de parti pris inconscient, des fois avec un brin de panique et une certaine naïveté. Alors, n’hésitez pas à remettre en question mes hypothèses, à partager vos pensées et à vous joindre à la conversation par l’intermédiaire de conscient.ca

N’oubliez pas qu’il s’agit là de questions troublantes et difficiles. N’hésitez donc pas à vous adresser aux groupes de soutien ou aux services d’aide et soutien de votre communauté pour obtenir de l’aide. 

Je vous rappelle que le premier épisode de la saison 2 est la version anglaise de cet épisode, épisode 19 reality  et que le troisième épisode de cette saison sera le premier d’une série de conversations avec les invités sur leur réaction à l’épisode réalité.

Prenez bien soin de vous et merci de votre écoute.

[e74 sky, 2018 08 04, Duhamel QC]

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