é57 roy – ouvrir des consciences

conscient podcast / balado conscient
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é57 roy - ouvrir des consciences
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Être créatif, c’est tu aussi s’éloigner du monde, pure à la source tel qu’il est, plutôt que de juste accepter aussi qu’on bien petit et on devrait revenir à l’essentiel? Je ne sais pas si l’art nous ramène à l’essentiel versus nous ramène à dériver complètement. Peut-être que la créativité ou la création, ça nous amène tellement loin qu’on s’imagine vivre sur Mars dans un espèce de plateforme pas d’allure dénuée, ou est-ce qu’on n’aura plus besoin des oiseaux, puis des tempêtes, puis des ci et des ça. On va avoir recréé un univers de toutes pièces où est-ce qu’il fait dont bon vivre. Ça pourrait être ça, l’apport de l’art. Moi, je ne l’aime pas trop cet art-là. 

annie roy, balado conscient, 16 juin 2921, montréal

Annie Roy, se lance en 1998 avec Pierre Allard (décédé le 25 novembre 2018) dans la création d’un organisme à but non lucratif appelé ATSA, pour « Action Terroriste Socialement Acceptable » (maintenant nommé ATSA, Quand l’art passe à l’Action) en réaction aux abus sociaux, environnementaux et patrimoniaux dont ils sont témoins. Elle cesse ainsi son activité de danseuse et chorégraphe professionnelle pour se consacrer uniquement à l’élaboration et à la réalisation des projets de l’ATSA dont est de créer dans l’espace public des œuvres multidisciplinaires sous forme d’interventions, d’installations, de performances ou de mises en scène, afin d’interpeller la population envers des causes cruciales et préoccupantes liées au développement durable. 

Je connais Annie Roy depuis 1999 lorsque ATSA a été une des premières compagnies à recevoir du financement du Bureau Inter-arts au Conseil des arts du Canada, dont j’étais le gestionnaire. Depuis, nous avons parlé régulièrement d’art engagé, d’environnement et de l’évolution de nos familles respectives. J’ai toujours apprécié sa vision sociale, sa générosité, son audace et son savoir-faire.  

Nous avons eu une conversation engagée sur le Mont-Royal le 17 juin, accompagné de son chien Babine. Comme je l’ai toujours connue, Annie pousse les limites et pose des questions fondamentales.

Voici deux citations qui m’ont touché profondément :

Ouvrir des consciences

Si on est dans le réelle et puis qu’on se dit dans le monde actuel, il faut que cela vienne insuffler du désir, de la puissance vers un avenir meilleur. Mais ce n’est pas l’artiste qui va décider et puis ça me dérange. Ça me dérange d’avoir un poids sur les épaules, de changer le monde tout en n’ayant pas le pouvoir de le faire, réel. Le pouvoir que j’ai, c’est d’ouvrir des consciences, de voir du rêve dans l’esprit des autres et d’insuffler des graines de possibles d’un avenir.

Sur le dos de l’art

L’artiste est un être qui vit dans sa contemporanéité, qui absorbe le ‘caca’ à tout ce qui se passe et qui essaie de le transformer en quelque chose de beau, puis de puissant pour un tremplin pour aller vers mieux. Mais on pourrait en rester là, dans le sens que les gens, comment ils utilisent l’art dans leur vie? L’artiste a peut-être toutes ses volontés, mais c’est quoi la place de l’art qu’on fait dans nos vies? Parce qu’ils sont entre quatre murs, dans un musée ou dans des lieux super spécifiques. Ce n’est pas toujours intégré dans le flux de la journée comme quelque chose de super naturel. C’est un moment bien cadré qu’on donne comme on consomme n’importe quoi d’autre. Puis, si on consomme de l’art comme n’importe quoi d’autre, comme on va au spa ou comme on va magasiner et puis qu’on s’achète un nouveau pantalon, puis que ça fait du bien d’être allé voir une pièce de théâtre, n’était-ce pas bon? Ouais, c’est cool mais ça n’ira pas plus loin que n’importe quoi d’autre qu’une belle émotion qui va durer deux ou trois heures et puis tu vas prendre ton Hummer pour retourner chez toi pareil. Je trouve que c’est mettre beaucoup sur le dos de l’art.

Je remercie Annie d’avoir pris le temps d’échanger avec moi, pour son engagement social continue, sa vision du rôle des arts, son amour de la nature et son sens du ‘on est capable’.

Vous trouverez de plus amples informations sur le travail d’Annie à https://atsa.qc.ca/

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(translation)

Is being creative also about getting away from the world, pure to the source as it is, rather than just accepting that we’re small and we should go back to the basics? I don’t know if art brings us back to the essential versus brings us back to drifting completely. Maybe creativity or creation takes us so far away that we imagine ourselves living on Mars in a kind of platform that doesn’t look like anything, or we won’t need the birds, then the storms, then the this and that. We will have recreated a universe from scratch where it is good to live. That could be the contribution of art. I don’t like this art too much.

annie roy, balado conscient, 16 juin 2921, montréal

Annie Roy, launched in 1998 with Pierre Allard (deceased November 25, 2018) in the creation of a non-profit organization called ATSA, for “Action Terroriste Socialement Acceptable” (now called ATSA, Quand l’art passe à l’Action) in reaction to the social, environmental and patrimonial abuses they witness. She ceased her activity as a professional dancer and choreographer to devote herself solely to the elaboration and realization of ATSA’s projects, which include the creation of multidisciplinary works in the public space in the form of interventions, installations, performances or stagings, in order to call out to the population towards crucial and preoccupying causes related to sustainable development. 

I have known Annie Roy since 1999 when ATSA was one of the first companies to receive funding from the Inter-Arts Office at the Canada Council for the Arts, which I managed. Since then, we have talked regularly about engaged art, the environment, and the evolution of our respective families. I have always appreciated her social vision, her generosity, her fearlessness and her expertise.  

We had an engaging conversation on Mount Royal on June 17th, accompanied by her dog Babine. As I have always known her, Annie pushes limits and asks fundamental questions.

Here are two quotes that touched me deeply:

Opening consciousness

 If we are in reality and then we say to ourselves in the current world, it is necessary that it insufflate desire and power towards a better future. But it is not the artist who is going to decide and then that disturbs me. It bothers me to have a weight on my shoulders, to change the world while not having the power to do it, real. The power I have is to open consciousness, to see dreams in the minds of others and to instill seeds of possibility for a future.

On the back of art

The artist is a being who lives in his contemporaneity, who absorbs the ‘poop’ in everything that happens and tries to transform it into something beautiful, then powerful for a springboard to go towards better. But we could leave it at that, in the sense that people, how do they use art in their lives? The artist may have all his wills, but what is the place of the art that we make in our lives? Because they are between four walls, in a museum or in very specific places. It’s not always integrated into the flow of the day as something supernatural. It’s a framed moment that we give away like we consume anything else. Then, if you consume art like anything else, like you go to the spa or you go shopping and then you buy a new pair of pants and then it feels good to have gone to a play. Wasn’t that good? Yeah, it’s cool but it’s not going to go any further than anything other than a nice thrill that’s going to last two or three hours and then you’re going to get in your Hummer and go home all the same. I think that’s putting a lot on the back of art.

I thank Annie for taking the time to talk with me, for her ongoing social engagement, her vision of the role of the arts, her love of nature and her sense of ‘we can do it’.

You can find more information about Annie’s work at https://atsa.qc.ca/

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